Les passages de la Cour de France au Pays basque 1659-1660

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Le Traité des Pyrénées, en 1659, met un terme à une période d’un siècle et demi de conflit entre la France et l’Espagne, marquée par la prééminence de la maison de Habsbourg, qui, forte de sa double implantation à Vienne et à Madrid et détentrice quasi assurée de la couronne impériale, prétendait à la monarchie universelle. Le traité instaure un nouvel ordre international, au bénéfice de la France.


Les accords préliminaires signés le 4 juin 1659 et connus sous le nom de traité de Paris, demandaient à être complétés. Mazarin tenait à un règlement global de tous les points litigieux. Ainsi s’explique la multiplicité des questions dont discutèrent pied à pied, du 13 août au 7 novembre 1659, le cardinal ministre de Louis XIV et son homologue castillan Don Luis de Haro, réunis sur la Bidassoa dans l’Île des Faisans. Étaient en cause non seulement les deux pays belligérants, mais leurs alliés respectifs – autrement dit l’Europe entière. Le traité comportait 124 articles.

Dom Louis Mendez de Haro & Guzman Philippes IV Roy d'Espagne Louis XIV Cardinal Mazarin


L’Espagne, souscrivant aux clauses de Westphalie, reconnaissait les droits de la France sur l’Alsace, avec deux places clefs sur le Rhin, Brisach et Philippsbourg. Elle lui concédait le Roussillon et la Cerdagne (moins Llivia) ; l’Artois (moins Aire et Saint-Omer) ; trois places en Flandre (Gravelines, Saint-Venant et Bourbourg) ; trois en Luxembourg (Montmédy, Thionville et Damvillers) ; deux en Hainaut (Le Quesnoy et Landrecies). D’âpres discussions opposèrent les négociateurs au sujet de Condé , que l’Espagne voulait rétablir dans ses biens et prérogatives alors que Louis XIV tenait à lui faire payer sa trahison. Mazarin dut s’incliner, mais obtint en échange trois places de plus en Hainaut (Philippeville, Mariembourg et Avesnes), comme rançon du pardon accordé au prince. En dépit des consignes laissées par Richelieu, il consentit à rendre la Lorraine à la famille ducale, mais assortie de conditions très dures : cession du duché de Bar et des places de Clermont-en-Argonne, Stenay, Moyenvic, Dun et Jametz, démantèlement des fortifications de Nancy, droit de passage pour les armées françaises se rendant en Alsace. C’était la soumettre à l’emprise française, dans l’attente d’un rattachement.


Mazarin profita de sa victoire avec modération.se gardant d’humilier ses adversaires et leur sauvant la face, pour prévenir tout esprit de revanche. Il donna donc le maximum de publicité à la clause du mariage entre Louis XIV et sa cousine l’infante Marie-Thérèse. Lorsque les deux souverains se rencontrèrent le 6 juin 1660, pour jurer solennellement la paix, il n’y avait ni vainqueur ni vaincu, tous baignaient dans la joie d’une réconciliation familiale. Quelques arrière-pensées avaient bien présidé au contrat. Ainsi, l’Espagne contraignait l’infante de renoncer à l’héritage paternel…